Listen up Philip

J’ai bien dormi, merci !

lup-yvAlex Ross Perry nous propose 108 minutes de comédie dramatique, façon Woody Allen… je devrais dire « contrefaçon » Woody Allen, car il y a tromperie sur la marchandise. À la sortie de son deuxième roman, Philip est nerveux. D’autant plus que New York l’oppresse et que la relation avec sa petite amie Ashley se détériore. Quand Ike Zimmerman, son idole, l’invite dans sa maison de vacances, Philip trouve enfin la sérénité et parvient à se concentrer sur son sujet préféré : lui-même. On s’ennuie ferme durant la projection qui devrait être remboursée par la Sécu, car si elle moins nocive et moins addictive que les somnifères, elle en a les mêmes effets. N’est pas me réalisateur de Annie Hall ou de Match Point qui veut ! Prétentieux et à la limite du supportable.

lizzie_readingPourtant il y a de l’ambition dans ce film, mais tout tombe à plat, car les deux personnages masculins irritent et de séduisent jamais. Le réalisateur souhaitait, à travers son film, offrir une nouvelle image de New York sans l’idéaliser afin d’être le plus proche de la réalité. Je le cite : Il y a de la négativité ici, et aussi de l’hostilité, des luttes, qui sont souvent présentées comme des déboires charmants, des problèmes faciles à résoudre. Je voulais faire un film qui témoigne de la brutalité de la ville, du douloureux conflit qui résulte du fait de vivre dans un lieu hautement compétitif et générateur d’anxiété. Tourner avec un zoom de manière à être proche des émotions des comédiens, comme le fait fréquemment Woody Allen, pourquoi pas. Encore faut-il maîtriser sa technique et là, ce n’est pas le cas. Outre l’ennui provoqué par la vacuité de certains dialogues, le peu d’empathie que l’on peut ressentir pour des personnages insupportables, cyniques et prétentieux, la caméra à l’épaule de Ross Perry nous file vite la nausée. Intello, nombriliste et sophistiqué, soutenu par une voix-off envahissante et parfois redondante, on se demande ce qui a pris au réalisateur de Somebody up there likes me.

4.-Jonathan-Pryce-and-Jason-Schwtarzman-in-LISTEN-UP-PHILIP-photo-by-Sean-Price-WilliamsOn dit que Jason Schwartzman a été étonné de la longueur du scénario… Il n’est pas le seul ! Il n’empêche qu’il reste l’atout principal du film et qu’il est un grand acteur. D’ailleurs Elisabeth Moss, Krysten Riffer, Jonathan Price et Joséphine de la Baume, sont loin de démériter. L’interprétation n’est pas en cause. C’est le scénario lui-même qui fait se déverser en permanence une bile désagréable dans la bouche de pantins exécrables. Et pourtant, on peut aimer des héros antipathiques, reprenons le grand Woody comme exemple, puisqu’il semble qu’il soit ici la référence assumée, avec son Maris et Femmes. Mais voilà, le disciple est bien loin du maître. D’autres que moi apprécieront sans doute ce pavé soporifique. Les avis seront partagés… pourquoi pas !

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