Wild

L’important n’est pas la destination, mais le voyage (proverbe chinois)

Wild-Movie-Poster-WallpaperJean-Marc Vallée est un cinéaste prolifique. Comme souvent dans ce cas, il y a des hauts et des bas ; Café de Flore (2010) était à la limite du supportable, Dallas Buyers Club (2014) était un chef d’œuvre. Il a trois autres films (!) à sortir cette année ??? Cette fois, le réalisateur canadien nous emporte sur les pas de son héroïne  pendant les 1700 km d’une longue marche entre rédemption et initiation. Après plusieurs années d’errance, d’addiction et l’échec de son couple, Cheryl Strayed prend une décision radicale : elle tourne le dos à son passé et, sans aucune expérience, se lance dans un périple en solitaire de 1700 kilomètres, à pied, avec pour seule compagnie le souvenir de sa mère disparue… Cheryl va affronter ses plus grandes peurs, approcher ses limites, frôler la folie et découvrir sa force. Une femme qui essaye de se reconstruire décide de faire une longue randonnée sur la côte ouest des Etats-Unis. C’est lent et passionnant. C’est aussi éprouvant qu’émouvant. On suit, on s’identifie à Cheryl. Un film étonnant.

FOX_9534.psdBeaucoup ont noté des similitudes entre ce film et Into the Wild : le titre, le dépaysement, le voyage spirituel… La différence de taille est bien entendu le sexe du personnage principal. Il est adapté de l’histoire vraie de Cheryl Strayed, qu’elle a racontée dans son livre Wild : marcher pour se retrouver, best-seller en 2012. Le fameux Pacific Crest Trail, PCT, existe réellement C’est le sentier de randonnée le plus long, le plus difficile et le plus sauvage d’Amérique situé sur la côte ouest des Etats-Unis.  La question que le spectateur se pose durant les deux heures du film est de savoir pourquoi cette jeune femme s’inflige une telle souffrance.  On comprend très vite que la principale ennemie de Cheryl n’est pas la nature, c’est elle-même. Afin de nous en convaincre, le réalisateur a décidé de filmer au plus près de l’actrice. La plupart du temps, nous sommes près de l’héroïne et marchons avec elle. On voit son visage, on peut donc facilement distinguer ce qu’elle regarde et comprendre ce à quoi elle pense. Les nombreux flash-back ne sont là que pour nous éclairer sur les motivations profondes de la marcheuse. On est très rapidement immergés dans cette nature sauvage d’une beauté à couper le souffle. A remarquer que le réalisme est augmenté par l’absence de musique originale, sauf quelques rares exceptions intégrées à la narration (autoradio, musique dans un bar, etc.).

Reese Witherspoon in WildReese Witherspoon, omniprésente, est formidable de bout en bout et s’est parfaitement identifiée à son personnage. Par moments Gaby Hoffmann et Laura Dern sont eux aussi parfaits. Thomas Sadosky, Michiel Huisman et de nombreux personnages secondaires mais essentiels viennent enrichir l’intrigue, des fantômes du passé aux rencontres du présent. On peut détester ce style de voyage intérieur, on peut ne pas supporter la lenteur de la marche, on peut regretter le systématisme de l’alternance présent/passé, on peut reprocher une certaine tendance au mélo… mais on est en droit d’adorer ce style de film et cette immersion dans une nature sauvage et cruelle sur les pas d’une merveilleuse actrice. L’ensemble n’a rien d’original, c’est juste émouvant, réaliste et sacrément bien réalisé. Reese Witherspoon en marche vers un Oscar ?

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