Terre battue

Jeu, set et match

9 ombre lightLes frères Dardenne à la production et Stéphane Demoustier (frère d’Anaïs) derrière la caméra pour son premier long-métrage, et voilà 95 minutes formidables. Résolu à ne plus travailler pour d’autres, Jérôme  cherche à monter sa société coûte que coûte, et ce malgré les réticences de Laura, sa femme. Ugo, leur fils de 11 ans, joue au tennis et veut devenir champion. Pour cela, il lui faut intégrer le centre national d’entraînement, à Roland Garros. Comme son père, il est prêt à tout pour arriver à ses fins. Ensemble, Ugo et Jérôme vont apprendre qu’on ne peut pas contourner toutes les règles pour réussir. Un film sur l’esprit de  compétition qui ronge notre société où tout est bon pour réussir. Mais ici, c’est vu à travers l’anecdote qui pourrait, au premier abord, paraître futile, si cela ne tournait pas au drame. Un sujet grave traité avec une grande acuité… un premier grand film.

202246Le réalisateur a lui-même pratiqué le tennis à haut niveau puisque plusieurs fois champion de ligue et demi-finaliste du Championnat de France à 12 ans, le film a donc une certaine valeur autobiographique. Cette histoire, tournée en Ile-de-France et dans le Nord-Pas-de-Calais à Villeneuve d’Ascq, Proville et Lens, est inspirée d’un fait divers datant d’une dizaine d’années. Mais au delà du scénario, il faut y voir une étude du quotidien de la classe moyenne frappée par la crise. Intelligent, sensible, (mais sans sensiblerie) authentique, (mais sans misérabilisme), on retrouve les caractéristiques des Frères Dardenne, même si, répétons le, ils ne sont ici que producteurs, avec les parcours parallèles de deux rêves, de deux ambitions, de deux ascensions contrariées d’un père et d’un fils, une des meilleures idées du scénario restant la disparition de la figure maternelle. Ce film est fort, prenant et de plus remarquablement servi par une excellente distribution.

5448dc520aa1bAvec d’abord, l’interprétation impeccable du toujours magnifique Olivier Gourmet, Valeria Bruni-Tedeschi est parfaite, elle aussi. Mais que dire du jeune Charles Mérienne, une vraie révélation d’une justesse exemplaire dans un rôle très lourd et ambigüe. Voilà une des grandes surprises de cette fin d’année. On ne peut qu’espérer qu’un large public trouve le chemin de cette Terre battue et sache s’éloigner un instant des autoroutes balisées des grosses productions sorties pour les fêtes. Osez ce détour, vous ne serez pas déçus.

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