Men, Women & Children

Le temps du « tout écran »

men-women-and-children-screencap-2Adapté d’un roman éponyme de l’écrivain américain Chad Kultgen, qui a pour thème de prédilection la sexualité des Américains, qu’il décrit dans ses œuvres sans détour mais avec misogynie, le 6ème film de Jason Reitman (rappelons nous des excellents Last Days of summer, Young Adult, In the air) dresse un constat accablant du monde hyper branché dans lequel nous évoluons.  Men, Women & Children brosse le portrait de lycéens leurs rapports, leurs modes de communication, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et leur vie amoureuse. Le film aborde ainsi plusieurs enjeux sociétaux, comme la culture des jeux vidéo, l’anorexie, l’infidélité, la course à la célébrité et la prolifération de contenus illicites sur Internet. Tandis que les personnages s’engagent dans des trajectoires, dont l’issue est parfois heureuse et parfois tragique, il est désormais évident que personne ne peut rester insensible à ce bouleversement culturel qui déferle sur nos téléphones, nos tablettes et nos ordinateurs. Un film sur la non- communication qui est devenue le mal de notre époque et qui se trouve à la   du malaise de notre civilisation. A vouloir communiquer en permanence, on s’éloigne les uns des autres, c’est  en vérité une grande illusion qui s’est mise en place et que dénonce avec habileté ce film indépendant, qui, malgré quelques défauts, reste tout à fait intéressant.   

o-MEN-WOMEN-AND-CHILDREN-facebookDeux heures dans une forêt, que dis-je, une jungle d’écrans d’ordi, de tablettes, de smartphones face auxquels des lycéens et lycéennes restent connectés en permanence, découvrant le monde à travers le Web, les réseaux sociaux, les tweets. Voilà pour le décor. Le scénario nous propose une série d’itinéraires croisés, parfois drôles, parfois romantiques, parfois sordides, mais aussi dramatiques. Pour structurer le film et tisser un lien entre les divers personnages et intrigues, Jason Reitman a fait appel à une narratrice, en l’occurrence Emma Thompson (un procédé qui plombe par moment le rythme du film). On ne s’ennuie pas dans cette comédie dramatique tournée à Austin, au Texas, même si c’est sans doute un peu trop long, le montage aurait gagné à être plus serré, et surtout par moment un peu trop schématique. On aurait souhaité cette chronique douce-amère plus mordante. Et puis le casting est excellent…

la_ca_0901_men_women_and_childrenDans ce film choral, on remarquera la performance tout en sobriété d’Ansel Elgort, jeune acteur très en vogue aux Etats-Unis, (c’est son troisième long métrage cette année). De leurs côtés Jennifer Garner, Adam Gardner, Timothée Chalamet, Rosemarie Dewitt, Judy Greer, Olivia Crocicchia, Kaitlyn Dever, sont tous parfaits, dans des personnages somme toute variés, qui font l’intérêt de cette critique pas assez acerbe de notre temps du « tout écran », en regrettant un certain manque de cohérence et d’épaisseur. Mais ça reste intéressant et original.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s