White God

 Le chien est un loup pour l’homme

white-god-3Pour ma part, le Prix « Un Certain Regard » à Cannes est un de ceux que j’attends le plus. On a toujours droit, non seulement à un très bon film, mais en plus à un scénario très original. Encore une fois, c’est le cas… et comment ! J’avoue ne pas avoir vu les autres films du hongrois Kornel Mundruczó, j’ai sans doute eu tort. Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili, 13 ans, adore son chien Hagen, mais son père l’abandonne dans la rue. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen, livré à lui-même, découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens errants prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Leur vengeance sera sans pitié. Lili est la seule à pouvoir arrêter cette  guerre. On est pris à la gorge de bout en bout dans un film où la terreur est plus dans le contenu de la parabole que dans les images proposées. Un grand film.

304539Ces deux heures politiquement incorrectes et radicalement libertaires, constituent en effet une allégorie terrifiante sur la nouvelle société hongroise, dont les dirigeants ont opté, depuis 2010, pour des thèses résolument conservatrices, pour ne pas dire extrémistes, (le parti néonazi Jobbick ne cesse de progresser) marquées par un recul démocratique inquiétant. Connaissant cette situation, on comprend mieux le message du réalisateur/scénariste qui nous livre une œuvre, … pardon, un chef d’œuvre glaçant, qui au delà de l’anecdote pure qui tutoie le fantastique en nous faisant irrésistiblement pensé au grand Hitchcock et à son incontournable Les Oiseaux. Le film démarre lentement, trop sans doute, mais il va crescendo jusqu’à une ultime demie heure exceptionnelle. D’autant plus qu’on a eu recours à aucun effet numérique pour une mise en scène bluffante, avec, en particulier, un dernier plan angoissant à souhait. Le travail avec les 250 chiens est formidable tout comme la photographie de Budapest (sans doute) déserte, terrifiée et abandonnée à la gente canine révoltée et qui fait régner la terreur.

white-god-mundruczoLes acteurs, en fin de compte, passent au second plan, même si Zsófia Psotta, Sándor Zsótér, et Lili Horvath, sont remarquables. La grande vedette revient au chien Hagen qui a été interprété par deux animaux différents, car il était difficile de demander au même chien d’être à la fois doux et agressif. Un grand travail de dressage a donc été effectué. L’un des deux chiens a reçu la Palm Dog à Cannes, un prix qui, depuis 2001,  récompense le meilleur acteur canin des films de la sélection officielle. On aboie de plaisir pour ce film gonflé qui ne manque pas de souffle. Mordant et troublant. A voir absolument… et si un de mes lecteurs m’explique sur la signification du titre, je suis preneur.

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