The Search

A la guerre comme à la guerre…

capture_decran_2014-11-17_a_11.15.58Qu’est-ce qui a pris à Michel Hazanavicius de quitter la drôlerie, l’humour, la grâce de The Artist ou de ses parodies autour d’OSS 117, pour se lancer dans le drame et le film de guerre ? Je l’ignore, mais il a bien fait. cet homme là sait décidément tout faire. Le film se passe pendant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999. Il raconte, à échelle humaine, quatre destins que la guerre va amener à se croiser. Après l’assassinat de ses parents dans son village, un petit garçon fuit, rejoignant le flot des réfugiés. Il rencontre Carole, chargée de mission pour l’Union Européenne. Avec elle, il va doucement revenir à la vie. Parallèlement, Raïssa, sa grande sœur, le recherche activement parmi des civils en exode. De son côté́, Kolia, jeune Russe de 20 ans, est enrôlé́ dans l’armée. Il va petit à petit basculer dans le quotidien de la guerre.  Un mélo ? Sans aucun doute, mais assumé. Un film de guerre classique ? Certes non, mais une grande claque qui résonne longtemps après votre sortie de la salle.

20-the-searchMichel Hazanavicius avoue s’être inspiré des Anges marqués (1948) réalisé par Fred Zinnemann dont Montgomery Clift tenait le rôle principal. On pense aussi à Full Metal Jacket, qui montre comment la guerre peut fabriquer des tueurs. C’est donc un drame poignant, humaniste et qui nous apprend beaucoup de choses sur un conflit, qui, bien que se déroulant aux portes de l’Europe, nous est resté très lointain. L’aspect documentaire passerait presque avant l’anecdote pure qui sert de ligne rouge à ce film. Un vrai bon film de guerre tragique et révoltant, mais surtout parsemé de quelques grands moments de cinéma, comme par exemple l’ultime plan. Les 134 minutes, tournées 6 mois durant, en Géorgie, avec de nombreux figurants non professionnels tchétchènes, géorgiens et russes ne parlant ni français ni anglais, sont dominées par le sentiment d’impuissance et le manque d’intérêt de la communauté internationale

940233Le casting est excellent avec surtout Bérénice Bejo, toujours impeccable, à la fois sensible, fragile et profondément convaincue de l’importance de sa mission humanitaire. A ses côtés Annette Bening, en quelques scènes, crève l’écran, tout comme cet acteur russe inconnu, Maxim Emelianov, troublant adolescent embrigadé de force et dont on va faire une machine à tuer. Je ne saurai oublier le jeune Abdul Khalim Mamatsuiev, dont le regard en dit long sur le non-avenir d’un enfant qui, à 9 ans, a déjà rencontré l’horreur avec un grand H. Ajoutons encore  Zukhra Duishvili, Lela Bagakashvili et décernons une palme particulière à Guillaume Schifmann pour son énorme travail réalisé sur l’image, pour lui donner l’aspect des images de documentaires grises  que l’on connaît (tournage sur pellicule, éclairage sombre), et sur le cadrage (minimaliste, caméra à l’épaule). Lors de sa présentation à Cannes, The Search a été sifflé, notamment par des journalistes russes (le film n’étant clairement pas pro-russe). Mais la présentation publique a, elle, eu plus de succès et le film a été ovationné durant de longues minutes. A vous de juger !

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