Mommy

Tabernacle ! C’est pas du ciné pour les niaiseux !

mommyLe sixième long-métrage  de Xavier Dolan (après J’ai tué ma mère, Les Amours Imaginaires, Tom à la ferme, Laurence anyways) est un véritable chef d’œuvre tant par le fond que par la forme. Tout est original dans ces 138 minutes de drame qui ont reçu le Prix du Jury à Cannes. Et on comprend pourquoi. Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir. Attendez-vous à un grand choc émotionnel… quand on pense que le petit prodige canadien n’a que 25 ans…

Mommy-lmc-07Obsédé par la figure de la mère qu’il aime à analyser, décortiquer et explorer à l’infini, notre réalisateur (pour une fois, il n’est pas acteur, mais il a écrit, monté et produit sa petite merveille lui-même) met en scène, ici, un trio de cabossés comme on en voit peu. Ils s’adorent, se haïssent, s’embrassent, se repoussent, se déchirent mais refusent de se séparer. Ils sont magnifiques et détestables tous les trois à tour de rôle. Il nous font rire, ils nous font pleurer… ils sont à l’image de la vie… ils sont la vie. Dolan a choisi de les enfermer dans une image carrée volontairement sans horizon, ce qu’on appelle le format 1:1, dont il nous dit : il encadre les visages à la perfection, et représente à mes yeux l’idéal en terme de portrait ; aucune distraction ni affectations possibles : le sujet est indéniablement le personnage, au centre de l’image, toujours. Les yeux ne peuvent l’éviter. Mais cette originalité n’est pas gratuite, elle était nécessaire au récit, à son atmosphère et nous fait partager au plus près les sentiments exacerbés de ses personnages. Mais si les films de Dolan sont toujours des expériences visuelles à part entière, les plages de musique utilisées par le cinéaste le sont tout autant. A chacune de ses réalisations, le réalisateur québécois se transforme en véritable jukebox ambulant, cette fois avec un choix pour le moins éclectique, allant de Céline Dion, Oasis, Dido à Sarah McLachlan en passant par Andrea Bocelli. Là aussi, pas un instant de musique n’a été pris au hasard, il participe, souligne et ajoute au propos, quelle intelligence !

mommy-anne-dorvalVenons-en au trio d’acteurs, Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément, absolument bouleversants dans l’excès comme dans la retenue, dans l’énorme comme dans la sobriété. Ils sont justes, durs, crus jusqu’au plus profond du pathos. Ils nous emportent avec eux dans ce film lumineux, constamment au bord de l’émotion et du lyrisme. L’état de grâce d’un cinéaste génial dans un très grand film pour une lueur d’espoir (comme cet élargissement du cadre de l’image… rarement un cinéaste avait osé jouer aussi librement avec les formats d’écran. Ahurissant !)  dans une vallée de cris et de larmes ! Un film qui rend heureux.

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2 réponses à “Mommy

  1. je n’aurais jamais su traduire aussi bien ce que j’ai ressenti en voyant ce film que j’ai beaucoup aimé, je partage mot pour mot cette critique très juste à mes yeux de ce très beau film que j’ai pu voir à cannes au festival du film et que je reverrai avec autant de plaisir maintenant qu’il est sorti en salles

  2. Émouvant , éprouvant , époustouflant ,
    BOULVERSIFIANT

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