Still the Water

La chaleur du cœur

8STILL-THE-WATER-C-2014-FUTATSUME-NO-MADO-Japanese-Film-Partners-Comme-des-CSur l’île d’Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu’un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d’été, Kaito, découvre le corps d’un homme flottant dans la mer, sa jeune amie Kyoko va l’aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l’amour… . L’homme n’est pas au centre de toutes choses ; nous ne sommes qu’une partie du cycle de la nature. Tel est le message de ce poème cinématographique magnifiquement filmé par Naomi Kawase. Deux heures de vrai bonheur.

still-the-water-image-1Les intentions de la cinéaste sont claires : La mort apporte à ceux qui restent de connaître la solitude et l’inquiétude. Mais cette solitude nous apprend la tendresse. Elle nous permet de mieux comprendre les blessures des autres et nous réchauffe le cœur. Plus la solitude est profonde, plus la tendresse est grande. Mais les règles de l’univers transcendent nos solitudes. C’est ainsi que, même après un deuil, le soleil se lève et la lune se montre pleine. C’est cette grandeur, la grandeur de la nature que je souhaite exprimer dans ce film. Tourné sur les îles Amami, entre l’île principale Honshu et les îles Okinawa, le film se construit autour de l’environnement exceptionnel fourni par l’archipel dans lequel il se déroule. Les habitants y vénèrent encore aujourd’hui chaque arbre, pierre et tout élément de la faune et de la flore comme autant de dieux. Ces divinités les protègent et font de leur mort un passage fusionnel, vers un pays mythique qu’ils nomment Neriyakanaya. Au-delà de cette mythologie, le film nous parle avec simplicité et pudeur de la vie et de la mort, de la symbiose entre l’homme et la nature, de la mémoire d’un lieu, et du cycle de la vie et de sa transmission d’une génération à l’autre. Si le tournage a eu lieu dans l’ordre chronologique du film, la danse d’Août, le rituel du dieu Yuta et le typhon sont des moments de la vie de l’île et non des reconstitutions pour les besoins de la production. La première scène du film, impliquant des habitants d’Amima, et la suivante, dans la salle de classe, sont également des improvisations, filmées avec les véritables protagonistes de l’île, sa population.

still-the-water-2Les acteurs sont tous remarquables de vérité avec surtout Nijirô Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda, Makiko Watanabe, magnifiquement mis en image et en lumière dans des décors naturels superbes, ils participent à cette espèce de séance de méditation dont on ressort apaisé et heureux. Le cinéma actuel génère tellement peu souvent ce type de sentiment que je ne peux que vous encourager à partager cet instant rare. Ce film a été nommé dans neuf catégories différentes au dernier Festival de Cannes et on comprends difficilement pourquoi il n’a rien obtenu. Un chant d’amour vibrant et contemplatif dans une nature belle à couper le souffle pour une expérience sensorielle à partager de toute urgence.

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