Ana Arabia

Leçon de philosophie appliquée

ana-arabia-2Le nouveau film signé par Amos Gitaï, (son 45ème) sous les traits d’une fiction, est basé sur  l’histoire vraie de Leïla Djebarine, une femme née juive polonaise, rescapée du camp d’Auschwitz, qui s’est convertie à l’Islam pour épouser un Arabe. Ana Arabia capte un moment de la vie d’une petite communauté de réprouvés, juifs et arabes, qui cohabitent dans une enclave oubliée à la frontière entre Jaffa et Bat Yam, en Israël. Un jour, Yael, une jeune journaliste, leur rend visite. Dans leurs abris délabrés, dans un verger rempli de citronniers et entouré de HLM, elle découvre une galerie de personnages aussi éloignés que possible des clichés habituels sur la région. Yael croit avoir découvert une mine d’or. Elle en oublie son travail… 81 minutes de plan-séquence en continu et en mouvement qui constitue un geste fort et une réponse au conflit israélo-palestinien.

6880127-10516866En filmant un groupe de juifs et d’arabes, le cinéaste a voulu montrer qu’il était parfaitement possible à ces deux communautés de coexister. Le message du film est d’autant plus appuyé que son titre, Ana Arabia, veut tout simplement dire : Moi, l’Arabe. C’est dans un bidonville de Jaffa, dans la banlieue de Tel Aviv, qu’Amos Gitaï a choisi de poser ses caméras pour le tournage. C’est là que la succession de rencontres va bouleverser la jeune journaliste. Les visages et les mots de Youssef et Miriam, Sarah et Walid, de leurs voisins et amis, lui parlent en vérité de sa propre vie, de ses rêves, ses espoirs, ses histoires d’amour, ses désirs et désillusions. Leur rapport au temps est différent de celui de la ville qui les entoure. Dans ce lieu bricolé et fragile, la coexistence est possible. Une métaphore universelle.

1280x720-BPTYuval Scharf, Yussuf Abu-Warda, Sarah Adler, Assi Levy, sont tous d’une justesse, d’une sobriété et d’une retenue bouleversantes. Grâce à leur talent et leur présence, on oublie très vite la performance technique d’Amos Gitaï, ce plan séquence unique, filmé avec une unique caméra à l’épaule en son direct… oui on oublie tout cela pour savourer le message de paix qui nous est transmis à petites touches, sans emphase, sans démonstration, sans grandiloquence. Un film rare, exigeant, bouleversant et empreint d’une poésie de chaque instant.

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