Le beau monde

Parler comme un livre

025724.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEn général, c’est considéré comme une qualité : sagesse, savoir, réflexion… En l’occurrence, pour cette gentille comédie dramatique, ça me paraît plutôt être un défaut qui a été jusqu’à gâcher mon petit moment de cinéma. Pourtant ces 90 minutes signées Julie Lopez-Corval, abordent des thèmes classiques mais de façon très actuelle. Alice, 20 ans, vit à Bayeux. Elle travaille la laine, crée des teintures, confectionne des vêtements. Elle ne sait que faire de ce talent inné, jusqu’à ce qu’elle rencontre Agnès, une riche parisienne, qui l’aide à intégrer une prestigieuse école d’arts appliqués. Alice laisse tout derrière elle pour aller vivre à Paris. Elle y rencontre Antoine, le fils d’Agnès. Entre eux nait une passion amoureuse. Antoine trouve chez Alice une sincérité et une naïveté qui l’extraient d’un milieu bourgeois qu’il rejette. Alice, grâce à Antoine, découvre de l’intérieur un monde qui la fascine, « le beau monde ». Il lui offre sa culture, elle se donne à lui toute entière. Au risque de se perdre… Les idées sont bonnes, le résultat n’est pas à la hauteur.

le-beau-monde-ana-girardot-bastien-bouillonCe qui m’a agacé tout au long du film, c’est le ton très docte adopté par les acteurs pour nous asséner à longueur de temps des leçons sur l’art, la place de l’artiste dans le monde, l’amour, la famille, etc… tout y passe ou presque. Le problème reste que, si le propos est intéressant, la manière est ennuyeuse au possible et souvent vaine… un exemple parmi une flopée d’autres : les deux amants se regardent intensément après l’amour et elle dit Est-ce qu’on pense quand on regarde ? J’ajouterai ??? Des perles comme celle là fourmillent et honnêtement ça n’apporte pas beaucoup d’eau au moulin de la réflexion. L’autre regret est que ce qui aurait dû rester le sujet principal du film, la différence de classe sociale entre la petite provinciale et la haute bourgeoisie parisienne, est trop vite oublié au profit d’une histoire d’amour certes passionnée et contrariée, mais déjà vue cent fois.

le-beau-monde-ana-girardot-sergi-lopezLe casting réunit quelques nouveau noms qui s’en sortiraient à leur avantage si ce film était un peu moins écrit, un peu moins littéraire, un peu plus spontané. Ana Girardot, à la fois amoureuse passionnée, provinciale déracinée et étudiante obstinée est tout à fait juste et remarquable. A ses côtés, une découverte avec le jeune Bastien Bouillon, qui forme avec elle un couple intense qui nous joue une belle partition sur le thème de « l’Education sentimentale » revue et corrigée avec un œil du XXIème siècle. Baptiste Lecaplain comme à son habitude est transparent. Et Sergi Lopez et Aurélia Petit, les « anciens » du casting, font comme les autres et nous débitent leurs dialogues prétentieux avec un détachement qui confine à l’ennui. Dommage, je le répète, un bon sujet gâché par trop de platitude qui frise parfois la prétention.

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