Cristeros

Tout est polémique

cristeros-for-greater-glory-the-true-story-of-cristiada-14-05-2014-16-gLe premier film de Dean Wright s’inspire d’un fait historique réel survenu de 1926 à 1929 au Mexique. Baptisé « La Guerre des Cristeros » – littéralement la guerre des partisans du Christ – ce soulèvement opposa pendant trois ans les paysans, alors défenseurs de l’Eglise catholique, à l’Etat mexicain, persécuteurs du catholicisme, suite aux mesures anticléricales prises par le nouveau président en place, l’athée Plutarco Elias Calles. En trois ans, ce conflit armé causa la mort de 90 000 personnes. En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès, qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l’ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros, vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l’Histoire du Mexique. Etrange destin que celui de ce blockbuster mexicain sorti quasiment en cachette sur quelques écrans (seules une quarantaine de salles sur l’ensemble de l’Hexagone ont garanti qu’elles le projetteraient). sans aucune affiche dans les rues. Sorti aux Etats-Unis en juin 2012, on peut se poser la question : Pourquoi une sortie aussi tardive en France ? La raison invoquée est qu’il y aurait eu télescopage avec l’épisode du mariage pour tous – et donc de la Manif pour tous –, chuchote la rumeur. La vérité est pourtant plus simple : le film a fait un flop en Espagne, ce qui a refroidi les distributeurs français… Et pourtant…

photo11_0Curieusement le titre original est L’histoire qu’on a voulu vous cacher. (?) Cristeros est un western historique à travers les déserts du Mexique, (tourné  à Durango et dans la ville de Zacatecas, deux zones dangereuses du Mexique où les trafics de drogue sont monnaie courante, ainsi que Mexico et San Luis de Potosi), qui met en scène une épopée militaire qui s’est réellement déroulée il y a moins de 100 ans : une révolte contre la répression du catholicisme. Un peu d’histoire : en 1926, le Mexique est sorti exsangue de la révolution et de dix ans de guerre. La Constitution de 1917, contient quelques articles laïques destinés à réduire l’immense influence de l’Eglise, qui proteste. Elu Président en 1924, le général Plutarco Elias Calles porte en étendard son athéisme, son appartenance franc-maçonne, son anticléricalisme. En 1926, la loi pour la réforme du code pénal menace d’amendes et de prison les prêtres qui refuseraient de respecter la Constitution. instaure la sécularisation de l’éducation, interdit les ordres monastiques, le droit de propriété pour les églises, et prive les prêtres du droit de vote, de commenter les affaires publiques ou de porter leurs habits religieux en public. D’abord organisée en manifestations, puis en boycotts, la réaction des croyants dégénère en rébellion ouverte contre le gouvernement, qui durera trois ans et fera plus de 250 000 morts. Ce mouvement sera mollement soutenu par le pape Pie XI et fournira de nombreux martyrs à l’Eglise, dont 25 clercs et laïcs canonisés par Jean-Paul II en 2000. Après la signature d’une trêve en 1929 avec l’aide de l’ambassadeur des Etats-Unis, l’armée fédérale massacrera encore 5 000 anciens rebelles ; il faudra attendre 1940 pour que le gouvernement mexicain cesse sa pression sur le clergé. Cette guérilla de croyants en haillons combattant au nom du Christ-Roi (Cristo Rey, d’où le nom de Cristeros), a déjà inspiré à Graham Greene son roman La Puissance et la gloire. Quant au film, il se concentre sur la figure du général Enrique Grostiteta Velarde.

Karyme1Pour en revenir au cinéma, voilà un film honnête, bien réalisé, bien photographié est joué par une belle brochette d’acteurs avec surtout Andy Garcia, tout à fait convaincant et Oscar Isaac. Eva Longoria fait de la figuration. On remarquera Peter O’Toole pour son avant-dernière apparition à l’écran avant son décès, Milton Cortez, Guillermo Larrea, Lucia Pailles. Ce film historique nous apprend évidemment beaucoup de choses et c’est son principal intérêt, car, outre sa longueur excessive, 2 heures 25, tout cela est beaucoup trop démonstratif, parfois pesant, les invraisemblances difficiles à admettre et les dialogues ampoulés frisent parfois le grotesque. Mais,, je le répète, l’intérêt historique fait oublier toutes ces faiblesses. Je termine en citant le courageux distributeur de ce film à polémiques : Les gens voient dans le Mexique un pays très pieux, ils ne s’imaginent pas qu’il y ait pu y avoir de telles persécutions il y a moins de cent ans. Si ce film peut permettre de rappeler ce souvenir, tant mieux. Si les gens peuvent éviter de faire de la récupération et de hurler au complot, c’est mieux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s