Au fil d’Ariane

Echappée belle pour femme en fugue

photo-Au-fil-d-Ariane-2014-4Le dernier film de Robert Guédiguian, Les Neiges du Kilimandjaro, était un pur chef d’œuvre. Alors voici son nouvel opus qu’on avait toutes les raisons d’attendre avec impatience. Pour son dix-huitième long-métrage, le réalisateur marseillais nous offre une fable solaire qui fait du bien au cœur et à l’âme.C’est le jour de son anniversaire et Ariane est plus seule que jamais dans sa jolie maison. Les bougies sont allumées sur le gâteau. Mais les invités se sont excusés… Ils ne viendront pas. Alors elle prend sa jolie voiture et quitte sa jolie banlieue pour se perdre dans la grande ville… A partir de cette idée, on nous mène sur les pas de notre femme seule à la rencontre du petit peuple marseillais tout en faconde et en pittoresque méridional. Un régal !

au-fil-d-ariane-1Cette balade se fera tout en musique. D’entrée, Rossini nous dit que la pie est voleuse,  Verdi que la femme est volage, Ferrat nous parle d’amour avec les mots d’Aragon, Kurt Weil nous donne envie de danser et de nous émouvoir, jusqu’au groupe franco-helveto-argentin, Gotan Project, qui signe la musique originale avec son style singulier, mêlant les sonorités du tango aux plages de musique électronique. Tout est en place pour se laisser emporter durant 100 minutes de bonheur, de tendresse, de rire et d’humanité profonde. C’est touchant et réaliste car Guédiguian n’hésite jamais, sans avoir l’air d’y toucher, à aborder des thèmes comme la réalisation de soi, la fraternité ou l’expatriation. Du lourd mais marqué du sceau de la plus grande légèreté et du talent pur. Le paradis sur terre existe-t-il ? Avec ce film, on se dit que peut-être bien…

photo-Au-fil-d-Ariane-2014-5Notre réalisateur et scénariste retrouve sa bande habituelle d’acteurs pour ce qu’il qualifie lui-même de « fantaisie » : sa compagne Ariane Ascaride, magnifique et touchante dans ce rêve éveillé, Jacques Boudet, impayable en américain d’opérette, Jean-Pierre Darroussin, parfait comme d’habitude en deux seules apparitions savoureuses, Gérard Meylan, lui aussi à son meilleur. Yousouf Djaoro en vieil africain déraciné et quelques jeunes s’ajoutent à la troupe Anaïs Demoustier,  Adrien Jolivet et Lola Naymark. J’entends d’ici certains faire la fine bouche devant ce 18ème film du grand Guédiguian. Tout aussi grand qu’il soit, il a décidé de se payer une récréation, une échappée belle qui, malgré toutes les naïvetés ou maladresses qu’on pourrait lui reprocher, reste un moment délicieux, un moment de bonheur à partager.

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Une réponse à “Au fil d’Ariane

  1. Ah ! Que c’était bien ce film , un peu comme une douche de lumière chaude, comme un bain de soleil ou un bain de tendresse , presque un film « doudou »
    qu’on déteste quitter !…
    Il y a aussi ce brin de cocasserie avec le vieil africain , ces lubies farfelues , cette ambiance marseillaise , des acteurs impeccablement marseillais et guedigianesques…
    On en redemande

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