The two faces of January

Mythologique

the-two-face5Adapté du roman éponyme de Patricia Highsmith, le film de Hossein Amini est un pur thriller avec tout ce qui faut de tension, de mystère et de suspense pour passer 97 minutes plus qu’agréables. 1962. Un couple de touristes américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette, arrive à Athènes. À l’Acropole, ils rencontrent Rydal, jeune guide américain parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par la fortune de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Les McFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre. Jeu de dupes, faux-semblants, mensonges, double-jeu, sensualité tout est au rendez-vous, qui plus est dans des décors naturels magnifiques, le tout servi par un excellent scénario aux nombreux rebondissements, la musique d’Arturo Iglesias, une réalisation tout à fait honorable et une interprétation hors pair… de la belle ouvrage !

10-two-faces-of-januaryLe nom du mois de janvier provient du dieu Janus. Dans l’Antiquité, ce dieu était celui du commencement et de la transition. Il représente également la dualité de l’Homme : Janus est souvent représenté avec deux visages, l’un porté vers le futur et l’autre vers le passé. Lorsque les destins de Rydal et Chester se lient, ils en deviennent presque un personnage à deux visages, tel Janus. Cette histoire, loin de n’être que la énième étude du traditionnel triangle amoureux (Thésée, Ariane et le Minotaure ?) est plus proche de l’histoire de Zeus et de Cronos, où le fils doit tuer son père afin de devenir un homme. On ne peut s’empêcher de penser au Plein Soleil de René Clément de 1960, qui constituait d’ailleurs la première adaptation française du Talentueux Monsieur Ripley de la même Patricia Highsmith. Ici aussi, les événements les plus dramatiques, les destins les plus noirs prennent corps dans la lumière aveuglante d’un été méditerranéen. Amini s’est inspiré du genre « film noir » américain et français, en traçant le portrait d’un monde dur et sombre. Filmé en Crète pendant trois semaines, à Athènes pendant quatre jours (la production, chanceuse, y a même obtenu l’autorisation de filmer à l’intérieur du Parthénon, alors que les visiteurs n’ont pas le droit d’y pénétrer) et à Istanbul pendant quatre semaines, entre autres dans les allées du Grand Bazar, un des plus importants et des plus anciens marchés couverts du monde. Donc du classique mais qui a fort belle allure et servi par trio exceptionnel.

Kirsten Dunst yellow dress and hat working on The Two Faces of January07Viggo Mortensen, ambigüe à souhait joue de toute la palette de son immense talent d’acteur. A ses côtés, Kirsten Dunst et Oscar Isaac ne sont pas en reste dans les registres de la perversité et la duplicité et lui donnent une formidable réplique. Pour un premier long-métrage, on peut le saluer. Amini prouve qu’il a su sauter le pas, en passant de l’écriture de scénarios (Drive, Blanche-Neige et le chasseur, 47 Ronins… beau palmarès) à la réalisation. Il a su ne pas prendre trop de risques, mais réussit son coup d’essai. Pas encore un coup de maître, mais un film de bonne tenue qui lui vaut la mention honorable.

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