The Hunter

Le silencieux

Rafi Pitts, acteur réalisateur de ce film iranien, a 43 ans et appartient à la nouvelle vague des cinéastes iraniens. Certes on est loin de Kiarostami, mais, néanmoins, The Hunter est un film intéressant.

Le pouvoir des mollahs n’est pas visé directement, mais on entend durant toute la première partie du film, la radio officielle débiter son discours de propagande et le fait que le « héros » soit un tueur de flics, donc un ennemi du régime, rend le récit atypique au pays de la censure. D’ailleurs, le plus étonnant dans cette entreprise, c’est qu’elle ait réussi à passer la barrière de la censure iranienne. Je présume que le jour de la présentation du scénario, les censeurs dormaient ou avaient abusé du narguilé. Toujours est-il que ce petit vent de liberté est retombé rapidement, car le film de Rafi Pitts a été interdit en Iran dès sa sortie. On ne se refait pas.

Effectivement, il y a trois parties dans le film. La première, lente, répétitive, introspective met en place le personnage principal et le monde étriqué dans lequel il évolue… surtout la nuit. Une nuit fort bien photographiée, tout comme la nature où notre « hunter » trouve son seul dérivatif, la chasse. Puis, le drame, à propos duquel nous ne saurons pratiquement rien, va venir bouleverser sa vie, avec la disparition brutale et violente de sa femme et de sa fille. Long moment de questionnement et d’hésitation quant à la conduite à tenir… trop long moment où l’ennui nous gagne irrésistiblement.

Fort heureusement la troisième partie, entre thriller et western minimaliste, est superbement menée et vaut à elle seule de voir ce film. Car même si Rafi Pitts n’est définitivement pas un acteur, sa non-présence se mue en atout, car le personnage qu’il incarne à peine, n’a pas de véritable existence et nous savons dès le début qu’il sera broyé par le système et par son destin. Mais n’est-ce pas là ce qu’il recherche ?Et puis nous avons droit en prime à une visite de Téhéran comme vous ne l’avez jamais vue, grosse métropole de béton, baignée de la lumière jaunâtre des lampadaires, bien loin du cliché de la Perse traditionnelle, maintenant sillonnée par un réseau autoroutier tentaculaire à l’américaine : vous êtes à « Téhérangeles » comme la surnomment ses habitants.

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