La Grande Bellezza

Sorrentino Roma

teasera-la-grande-bellezza-13902A 42 ans, Paolo Sorrentino signe un film magistral qui le ramène chez lui, en Italie après quelques tournages dans le pays anglo-saxons. On peut dire que l’air du pays lui a réussi avec ces 142 minutes étonnantes de beauté, de grâce et… de cynisme. Rome dans la splendeur de l’été. Les touristes se pressent sur le Janicule : un Japonais s’effondre foudroyé par tant de beauté. Jep Gambardella – un bel homme au charme irrésistible malgré les premiers signes de la vieillesse – jouit des mondanités de la ville. Il est de toutes les soirées et de toutes les fêtes, son esprit fait merveille et sa compagnie recherchée. Journaliste à succès, séducteur impénitent, il a écrit dans sa jeunesse un roman qui lui a valu un prix littéraire et une réputation d’écrivain frustré : il cache son désarroi derrière une attitude cynique et désabusée qui l’amène à poser sur le monde un regard d’une amère lucidité. Sur la terrasse de son appartement romain qui domine le Colisée, il donne des fêtes où se met à nu "l’appareil humain" – c’est le titre de son roman – et se joue la comédie du néant. Revenu de tout, Jep rêve parfois de se remettre à écrire, traversé par les souvenirs d’un amour de jeunesse auquel il se raccroche, mais y parviendra-t-il ? Surmontera-t-il son profond dégoût de lui-même et des autres dans une ville dont l’aveuglante beauté a quelque chose de paralysant… Un film atypique, que dis-je, une fresque hors normes sur la déliquescence d’une société, la chronique d’un cataclysme annoncé. Lire la suite

Le Pouvoir

Le ballet de l’Elysée

7760772166_patrick-rotman-a-pu-entrez-dans-l-intimite-de-l-elysee-pour-realiser-son-film-sur-le-president-francois-hollande-le-pouvoir

Patrick Rotman, qui avait signé le scénario de La Conquête, et Pierre Favier, journaliste et auteur d’ouvrages politiques s’attaquent aux neufs premiers mois de la présidence Hollande et surtout à la nouvelle vie de François II sous les ors et les pompes de la République. C’est une exclusivité car, pour la première fois, on a filmé le métier de Président au quotidien. Avec une mise en scène dépouillée, le film pénètre et dévoile le cœur de l’Élysée. A l’image, on retrouve Romain Winding, qui a récemment obtenu le César de la Meilleure Photo pour son travail sur Les Adieux à la reine. Ce documentaire passionnant de bout en bout constitue donc une grande première pour le 7ème Art. Lire la suite

Only God Forgives

Vanitas vanitatis

20505056Pour son neuvième long métrage, Nicolas Winding Refn nous offre 90 minutes d’images à la limite du supportable. Selon le titre, Seul Dieu pardonne, cette fois je ne suis pas si sûr qu’Il pardonne au réalisateur de l’excellent Drive. À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue. Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy, le frère de Julian qui vient de se faire tuer après avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics … Cette vendetta à Bangkok suinte l’ennui distingué et la sophistication érigé au rang de système. On s’interroge ????? Lire la suite

L’Hypnotiseur

Glacial

l-hypnotiseur-7Retour dans sa Suède natale pour Lasse Hallström après une longue période pendant laquelle il nous a pas mal fait bailler avec des films comme Des Saumons dans le désert, Hatchi, ou Cher John, il s’attaque au premier livre d’une série de huit ouvrages, tous destinés à être adaptés au cinéma et signés par Lars Kepler. Une famille est retrouvée sauvagement assassinée dans une maison de la banlieue de Stockholm. Laissé pour mort, le fils aîné, devient le seul témoin du crime. Dans le coma, il ne peut être interrogé par la police en charge de l’enquête. Pour progresser, l’inspecteur demande à un hypnotiseur de tenter un contact avec le garçon. Alors qu’il devait ne plus jamais utiliser ses dons, il accepte et s’aventure dans l’exploration du subconscient du jeune garçon… Beau scénario suffisamment complexe pour nous tenir en haleine, et pour renouveler un peu le genre. Tout cela reste évidemment relativement classique mais bien filmé et très bien interprété.

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Mama

L’instinct maternel

MAMA11Quand je vous dis depuis depuis longtemps que les espagnols sont devenus les maîtres du film d’épouvante ! Ce n’est évidemment pas le premier long métragede Andres Muschietti qui me fera changer d’avis. Tout est réuni dans ces 100 minutes d’angoisse pour faire de cette Mama un sommet du genre. Il y a cinq ans, deux sœurs, Victoria et Lily, ont mystérieusement disparu, le jour où leurs parents ont été tués. Depuis, leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les recherchent désespérément. Tandis que les petites filles sont retrouvées dans une cabane délabrée et partent habiter chez Lucas, Annabel tente de leur réapprendre à mener une vie normale. Mais elle est de plus en plus convaincue que les deux sœurs sont suivies par une présence maléfique… Trame classique s’il en est, certes, mais l’originalité du traitement, la qualité de la réalisation et de l’interprétation font de ce film un must du genre. Lire la suite

Le Passé

Le catalyseur

le-passe-15-05-2013-2-gPersonne n’a pu oublier les deux chefs d’oeuvre, Une séparation et A propos d’Elly. Asghar Farhadi nous revient avec ces deux heures dix de pur cinéma, de pur bonheur.Après quatre ans de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d’Ahmad pour tenter d’améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé... et sur bien d’autres choses encore. Formidable film pour une formidable leçon de cinéma. Lire la suite

Sous surveillance

Thriller parano… mais presque!

_DSC2038.NEFNeuvième long métrage de Robert Redford, Sous surveillance ne laissera sans doute pas un souvenir impérissable. En s’attaquant au Weather Underground (un collectif américain de la gauche radicale) et à l’histoire récente des États-Unis, le réalisateur de Et au milieu coule une rivière ou de L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux n’a hélas pas renouveler ses réussites précédentes. En 1969, un groupe de militants radicaux appelés «Weather Underground» revendique une vague d’attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam. La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace… Jusqu’à aujourd’hui. L’arrestation de l’une des activistes remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’attiser la curiosité d’un jeune reporter ambitieux. Jouant de ses relations au FBI, il rassemble petit à petit les pièces du puzzle, le menant jusqu’à un avocat apparemment sans histoires… Lorsque celui-ci disparaît brusquement, le journaliste se lance sur sa piste, déterminé à le retrouver avant le FBI… Si on a là un exemple de thriller classique, trop sans doute, on ressent tout de même une pointe de déception devant ce produit sans saveur particulière. Lire la suite